Lutte contre l’échec scolaire : un défi à relever !
La Ministre de l’enseignement obligatoire affirmait dans la presse ne pas vouloir ouvrir le dossier du redoublement. Et pourtant, les indicateurs de l’enseignement révèlent des chiffres alarmant :
- - Un élève sur huit recommence sa première année primaire;
- - Un élève sur cinq, sa troisième année primaire ;
- - En fin de secondaire, plus de la moitié des élèves est en retard d’un an ou plus.
Le redoublement coûte cher et il est peu pédagogique
Il existe pourtant un large consensus parmi les experts internationaux pour affirmer que le redoublement est une ineptie. Son coût est très élevé, il représente 371 millions d’euros en Communauté française ! Il est peu pédagogique puisque les élèves ne font, le plus souvent, que réétudier la même matière quand ils recommencent une année. Enfin, d’un point de vue psychologique, on constate que les enfants se construisent une image d’eux-mêmes particulièrement négative, liée à l’échec.
La Communauté française a commandé deux études pour essayer d’y voir plus clair. Selon la Ministre, il ressort d’un premier rapport intermédiaire que 80% des enseignants de maternelle sont convaincus de l’efficacité du redoublement. Rappelons qu’un élève de 3ème maternelle sur 20 recommence son année ! Dans une enquête menée il y a quelque temps, la Ligue des Familles signalait que les parents y étaient également favorables. C’est donc d’abord contre les conceptions, les représentations qu’il faut se battre.
Décréter le non-redoublement est cependant totalement contreproductif. Les enseignants y verraient une atteinte supplémentaire à leur légitimité, déjà tellement mise à mal ces dernières années. On a pu le constater avec les échecs des décrets de 1995 relatif à la promotion d’une école de la réussite dans l’enseignement fondamental, et, de 2001 relatif à l’organisation du premier degré de l’enseignement secondaire.
La remédiation immédiate : une réponse à l’échec scolaire
Pour réduire le redoublement, Ecolo propose plutôt de fixer des objectifs quantitatifs, à une échéance de cinq ou dix ans, en impliquant concrètement les enseignants dans ce défi à relever. Pour y arriver, l’aide aux élèves en difficulté doit notamment être renforcée.
Le récent rapport du Service Général de l’Inspection confirme qu’une attention grandissante est accordée à la détection précoce des difficultés d’apprentissage et à la remédiation immédiate, mais relève aussi la difficulté pour les enseignants d’identifier et anticiper ces problèmes ainsi que la grande diversité des pratiques en matière de remédiation. Pour réduire l’échec scolaire, certains dispositifs sont incontestablement plus pertinents que d’autres. Ecolo considère que la remédiation idéale doit être intégrée à la dynamique du cours et aux apprentissages. Tout l’inverse des cours particuliers dont le « marché » en pleine croissance a récemment été épinglé par l’actualité.
Sur base de l’expérience acquise par les équipes éducatives et des recherches en sciences de l’éducation, il serait opportun d’organiser les échanges et la coordination pour que les enseignants travaillent ensemble et dans la même direction. Suite aux propositions d’Ecolo faites en commission de l’éducation, les programmes de formation continue ont, cette année, été renforcés dans le domaine de l’aide aux enfants en difficulté. Sans conteste, un pas dans le bon sens, au même titre que les moyens budgétaires supplémentaires dégagés pour l’encadrement différencié.
La détection précoce des difficultés d’apprentissage et la mise en place d’un processus de remédiation immédiate (rapide) sont des éléments majeurs pour réussir le défi de la lutte contre l’échec et atteindre le niveau d’excellence attendu pour l’enseignement en Communauté française.